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[Playlist] An Eclectic Selection Of Music From The Arab World

 

Compilation : Habibi Funk 007


Album : An Eclectic Selection Of Music From The Arab World


Label : Habibi Funk Records

Genre : Monde Arabe 60’s – 70’s – 80’s

Bandcamp

Qu’elle est rafraichissante cette nouvelle compilation du label Habibi Funk, label spécialisé dans les musiques du monde arabe. Fraiche, exaltante et surtout nécessaire en cette époque où l’ennemi désigné serait un despote coréen trapu trop porté sur les pétards mouillés, et/ou toute personne barbue parlant arabe, qui -au passage- est la 3e langue la plus parlée en France.

Comme son nom l’indique, cette sélection polyvalente nous permet de (re-)découvrir à quel point le phrasé arabe se marrie à tous les styles, et de procéder à une rétrospection des 60’s jusqu’aux 80’s. Cette période de globalisation des cultures musicales où les radios, du Maghreb à l’Irak, diffusaient les mêmes titres qu’en Europe. Ainsi, comme chez nous et notre cortège de clones des icônes nord-américaines, il y eut l’Elvis de l’Atlas, le James Brown des rives du Tigre, le Franck Sinatra à l’haleine chargée d’houmous, les Bee Gee’s du Sinaï aux cheveux dorés gonflés par le khamsin, des blousons noirs de Tripoli au cuir sentant le rass el hanout ou encore des hippies dans le smog de Damas.

Des reprises, une ambiance so XXe siècle, mais surtout une langue. Mielleuse pour de la soul à pic de natalité; gutturale, s’alliant à l’atmosphère sheitan d’un boogaloo; nerveuse pour du fissa twist; torride pour du hammam disco.
Quasi objet politique, cette compilation, en déconstruisant les catégories d’occident et moyen-proche orient, nous démontre les ponts qui ont toujours existé entre ces deux univers culturels. En somme, la preuve d’une même fascination pour l’imaginaire du rêve américain, d’un même amour pour la musique, quelque soit son origine, tout en sachant préserver son identité.

Dégustons – entre autre – la reprise psychédélique de ”la lettre à Elise”, scandant des habibi par ci, des laïla par là ; le râle de Jalil Bennis à la recherche de son ”Mirza” ; l’audacieux carnaval cap verdien chanté en arabe, un disco moite à en attraper une MST ; et beaucoup d’autres friandises.
Taem.