les danseurs dans une cabine téléphonique En ce jeudi 24 décembre, Sortez a diffusé dans son intégralité le reportage réalisé par Amélia lors d’un stage de danse contemporaine d’impro, organisé par la « troupe » Traversée d’Hys:  

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En ce jour, j’en ai profité pour vous offrir quelques lectures de textes (« Es la guerra », Amélia Bréchet, Passiosn du risque de P.Le Rest et Germania Mort à Berlin de Heiner Müller) et un reportage Arte Radio, « La crackée », un parisien à la recherche d’une toxico disparue dans le quartier de la Goutte d’Or. 

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chat noel Pendant une semaine, j’ai parcouru quelques bars pour demander aux tourangeaux ce qu’ils pensent de leurs Noël. Vous pouvez vous écouter ici : 

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Et ici, l’émission dans son intégralité. Au programme: montage des interviews tourangeaux sur Noël, la Souris Déglinguée, Lou Reed, lecture d’un extrait d’un Enfer Fleuri, oeuvre anonyme pas encore parue:  

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jeunnesse volée des sans papiers

Ce lundi 21 décembre 2009, au palais de justice de Tours, devaient comparaître les frères jumeaux Da Silva, devant le juge des libertés. Placés dans ce qui sert de centre de rétention à Tours, au sein même du commissariat, depuis vendredi dernier, ces deux jeunes Angolais de 20 ans avaient reçu une OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) début 2009. Depuis, ils étaient à la merci du moindre contrôle d’identité.

Le mère et le reste de leur fratrie sont en règle et vivent dans un foyer à Amboise. La famille Da Silva avait quitté l’Angola suite à l’assassinat politique du père. Seulement, l’OFPRA (Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides), fort de son expertise, leur a refusé deux fois de suite le statut de réfugié politique .

Description subjective de l’audience:

 

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Quelques membres de RESF37, de Soif d’Utopies (dont Muriel, mon invité du soir), de la LDH (Ligue des Droits de l’Homme) venus apporter leur soutient à Nelson et Adilson Da Silva, doivent vider leurs poches à l’entrée du Palais de Justice pour passer sous le portillon. Les journalistes (France 3, TV Tours et moi-même munie d’un enregistreur audio), quant à eux, doivent attendre la sentence: le procureur refuse de laisser entrer les caméras. « Vous pouvez filmer tout ce que vous voulez dans la rue, mais pas ici. » Le journaliste de France 3 ne comprend pas: « C’est la première fois qu’on m’interdit de filmer dans les couloirs. C’est nouveau. »

L’affaire Da Silva et analyse de l’OFPRA:

 

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On attendra ensuite longtemps devant la porte du juge des Libertés. Qui attend? La fiancée et le bébé de Nelson. La belle maman, une amie. Des sympathisants militants. Des journalistes. Nelson finit par arriver. Il a entouré ses mains d’un keffieh pour cacher les menottes qui lui enserrent les poings. Quand son amie et sa fiancée l’aperçoivent, escorté par trois policiers armés, l’émotion explose. On l’a soustrait de leur vie, arbitrairement.

L’avocate militante, Cécile Lison-Croze, n’a rencontré Nelson que quelques minutes avant la comparution devant le juge. De même pour son frère Adilson.

 

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On entre dans la salle d’audience. Le juge est petit, nerveux, il lit les procédures en mâchant ses mots. On comprend qu’il veut expédier l’affaire. Que plus vite ça ira, mieux il se portera. Il s’adresse à Nelson sans le regarder. Les yeux rivés sur sa feuille, le souffle rapide. Des fois, il lève la tête vers nous, son auditoire.

La porte-parole de la préfecture. Manteau de fourrure, bouche tirée vers le bas, regard morne, annonce d’un air tout aussi détaché les raisons pour lesquelles, il va de soi, au regard de la loi, que Nelson n’a pas sa place en France, et qu’il doit retourner d’où il vient. Peu importe si toute sa famille est désormais en France, peu importe si son fils gazouille dans le couloir, peu importe s’il est inscrit au lycée professionnel, peu importe si sa vie est en danger en Angola.

L’avocate essaie de pointer les vices de procédure mais l’issue du délibéré n’en sera pas moins acerbe: quinze jours en centre de rétention, le temps que l’Angola accepte de récupérer les deux frères, et, hop!, dans le charter. Notez la condescendance de la porte-parole de la préfecture: « Oh mais ne vous inquiétez pas, les frères ne seront pas séparés! J’avais déjà réserver deux lits dans le centre de rétention d’Orly. » Je suis sûre, Madâme, qu’ils vous en sont très reconnaissants.

Collectif soif d’utopies

 

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Vous pouvez contacter RESF37, Chrétiens migrants, ou Soif d’Utopies (soifdutopies@yahoo.fr).


mediatome

Le collectif d’artistes Média-Tomé participe à l’exposition Petits Formats qui se déroule ce week end du 19 décembre 2009 organisée par l’association Mode d’emploi, boulevard Bretonneau.

Media-Tomé est constitué de trois artistes polyvalents, Marion Franzini (peintre),

Nicolas Aulagnier (photographe-peintre) et Marie Thouin (sculpteur). Leur atelier est situé à Saint-Pierre-des-Corps dans une friche industrielle investie par des dizaines d’associations en tout genre.

 

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aff

Anne Moltrecht, de l’association Sans Canal Fixe, a initié il y a quatre ans, un projet d’atelier cinémato-graphique au Centre d’héber-gement d’urgence du quartier Paul Bert, à Tours. Il s’agissait de proposer aux hébergés la réalisation d’un documentaire non pas sur eux, mais par et avec eux.

La question que leur a posé Anne a fait écho: quels liens le foyer entretient-il avec les gens du quartier, à l’heure où la pauvreté est invisibilisée à coup d’arrêtés anti-mendicité, et de déplacements des foyers en zone péri-urbaine, en outre? Et prendre ainsi l’exemple de Paul Bert pour élargir la réflexion sur le rapport que les individus qui constituent une société entretiennent avec la misère, la marge, ce que certains nomment « l’impensable culturel ».

Le dispositif est simple mais efficace: Patrick, un hébergé de longue date, à la parole déliée, va à la rencontre des différentes figures du quartier (école, boulangerie, bistrot, pizzaiolo, comité de quartier, jeunes natifs) et leur demande « Mais vous, franchement, vous en pensez quoi d’avoir un foyer d’hébergement dans votre quartier? Vous avez peur? Vous êtes contents? Dites-moi. »

Peu à peu les discours s’émancipent et d’autres questions fondamentales prennent corps: le miséreux m’est-il étranger? Pourquoi la misère matérielle conduirait-elle nécessairement à la misère affective? Comment reconstruire une véritable solidarité?

Il faut d’abord se rencontrer.

Ce film est diffusé ce soir, jeudi 17 décembre, au Studio à 20h. Projection suivie d’une discussion avec la réalisatrice Anne Moltercht et Patrick Trachet, l’acteur central du film./sortez141209.mp3